Gaz, ballonnements et stress : quand notre ventre réagit aussi à ce que nous vivons (Partie 4)

Dans les trois premières parties, nous avons beaucoup parlé d’alimentation : fibres fermentescibles, cuisson, aliments lactofermentés, jus de fruits, boissons gazeuses…
Mais il existe un autre élément important lorsqu’on cherche à comprendre pourquoi notre ventre gonfle :
le stress.
Vous avez peut-être déjà remarqué qu’en période de tension, de fatigue, de contrariété ou lorsque vous avez mille choses en tête, votre ventre ne réagit pas tout à fait comme d’habitude.
Vous mangez pourtant la même chose.
Et malgré cela, vous pouvez vous sentir davantage ballonné, avoir le ventre tendu, le transit perturbé ou ressentir beaucoup plus fortement les gaz.
Ce n’est pas une impression.
Notre cerveau et notre système digestif communiquent en permanence.
Le cerveau et l’intestin se parlent toute la journée
Notre intestin ne fonctionne pas complètement indépendamment du reste de notre organisme.
Il reçoit en permanence des informations de notre système nerveux et, inversement, il envoie lui aussi des informations vers notre cerveau.
On parle parfois d’axe intestin-cerveau.
Imaginez simplement une conversation permanente entre votre tête et votre ventre.
Lorsque nous sommes détendus, cette conversation ne se déroule pas exactement de la même manière que lorsque nous sommes tendus, pressés ou préoccupés.
Le stress peut notamment modifier la façon dont le tube digestif se contracte et fait avancer son contenu.
Il peut donc, selon les personnes, perturber le rythme habituel de la digestion et du transit.
Stressé ne veut pas forcément dire « plus de gaz »
C’est une nuance importante.
Lorsqu’une personne se sent très ballonnée en période de stress, cela ne signifie pas forcément que son intestin contient soudainement énormément plus de gaz.
Le stress peut aussi rendre le ventre plus sensible à ce qui se passe à l’intérieur.
Une quantité de gaz que vous remarquez à peine lorsque vous êtes détendu peut devenir beaucoup plus inconfortable lorsque votre système nerveux est sous tension.
Autrement dit :
il peut y avoir la même quantité de gaz, mais une sensation beaucoup plus forte de ventre gonflé ou tendu.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles deux personnes ayant une quantité comparable de gaz dans l’intestin peuvent ressentir des choses très différentes.
Le stress peut également modifier le transit
Vous connaissez peut-être cette situation : avant un examen, un rendez-vous important, un voyage ou un événement stressant, certaines personnes doivent soudainement aller aux toilettes.
Chez d’autres, c’est exactement l’inverse : le transit semble se bloquer.
Le stress peut donc être associé à un transit plus rapide chez certains et plus lent chez d’autres.
Et lorsqu’un transit ralentit, les gaz peuvent également être ressentis différemment et contribuer à cette sensation de ventre plein ou gonflé.
C’est encore une fois la preuve qu’il n’existe pas une seule réaction digestive au stress.
Chacun peut réagir différemment.
Quand on est stressé, on mange aussi différemment
Il n’y a pas seulement ce qui se passe à l’intérieur du corps.
Il y a aussi notre façon de manger lorsque nous sommes stressés.
On peut :
manger beaucoup plus, beaucoup moins, plus vite,
moins mâcher,
boire rapidement ou par grandes gorgées,
manger debout ou en faisant autre chose,
avaler davantage d’air,
ou finir son assiette sans même avoir réellement pris le temps de manger.
Et comme nous l’avons vu dans la troisième partie, avaler davantage d’air peut contribuer aux éructations, aux gaz et à la sensation de ventre gonflé.
On peut donc parfois avoir un véritable cercle :
je suis stressé → je mange plus vite → j’avale davantage d’air → mon ventre gonfle → cela m’inquiète ou m’agace → je me tends davantage.

Même le repas peut devenir un moment de tension
Il arrive aussi que l’on soit tellement focalisé sur son ventre que l’on commence à manger en pensant déjà :
« Est-ce que ça va me ballonner ? »
On surveille la moindre sensation.
On se demande si tel aliment va passer.
On analyse son ventre après chaque bouchée.
Et cette attention permanente peut elle-même rendre les sensations digestives beaucoup plus présentes.
Cela ne signifie absolument pas que « tout est dans la tête ».
Les sensations sont bien réelles.
Simplement, notre état de tension peut modifier la façon dont nous les ressentons. C’est précisément parce que le cerveau et l’intestin communiquent en permanence.
Alors, que peut-on essayer lorsque le stress fait aussi gonfler le ventre ?
Parfois, avant même de modifier encore son alimentation, il peut être intéressant de regarder dans quelles conditions on mange.
Quelques choses très simples peuvent être testées :
prendre quelques instants pour se poser avant de commencer son repas ;
manger assis plutôt qu’en faisant plusieurs choses à la fois ;
essayer de ralentir les premières bouchées ;
prendre le temps de mâcher ;
boire plus tranquillement et éviter d’avaler de grandes gorgées très rapidement ;
essayer de ne pas manger tout son repas dans l’urgence ;
observer si les ballonnements sont plus importants pendant certaines périodes particulièrement stressantes.
Il ne s’agit pas de transformer chaque repas en rituel compliqué.
Parfois, quelques minutes de calme et un repas pris un peu moins vite peuvent déjà changer la façon dont on le vit.
Et au-delà du repas lui-même, le mouvement et la respiration peuvent également aider à relâcher les tensions et à retrouver un peu plus de confort digestif.
Vous pouvez par exemple :
faire une petite marche tranquille, notamment après le repas ;
prendre quelques minutes pour respirer lentement et profondément, en laissant le ventre bouger naturellement avec la respiration ;
utiliser quelques minutes de respiration en pleine conscience : porter simplement son attention sur l’air qui entre et sort et ralentir progressivement le rythme ;
faire quelques mouvements ou étirements doux si l’on a passé une grande partie de la journée assis.
Il ne s’agit pas de faire une séance de sport après chaque repas. Quelques minutes de mouvement ou de respiration calme peuvent simplement aider le corps à sortir de l’état de tension dans lequel il se trouve parfois toute la journée.

Regardez aussi quand votre ventre gonfle
C’est une observation qui peut être très intéressante.
Votre ventre gonfle-t-il systématiquement après certains aliments ?
Ou remarquez-vous également qu’il est beaucoup plus sensible :
les jours de travail particulièrement chargés ?
lorsque vous êtes contrarié ?
lorsque vous manquez de sommeil ?
lorsque vous mangez rapidement ?
lorsque vous avez très peu de temps pour vous poser ?
Si un même repas est bien toléré un jour et beaucoup moins bien un autre, cela peut être une information intéressante.
L’alimentation n’est peut-être pas le seul élément à regarder.
Le ventre ne dépend pas uniquement de ce que nous mettons dans notre assiette
C’est finalement le message que je souhaite retenir pour terminer cette série.
Bien sûr, ce que nous mangeons compte.
Le type de fibres, les quantités, les aliments très fermentescibles, la façon dont ils sont préparés et les associations alimentaires peuvent tous influencer notre confort digestif.
Mais notre ventre fait partie de nous.
Il réagit également à notre rythme de vie, notre façon de manger, notre niveau de tension et notre état du moment.
C’est pourquoi chercher uniquement « l’aliment coupable » ne suffit pas toujours.
Parfois, la bonne question n’est pas seulement :
« Qu’est-ce que j’ai mangé ? »
mais aussi :
« Comment étais-je au moment où j’ai mangé ? »
Parce que prendre soin de son ventre, ce n’est pas seulement regarder ce qu’il y a dans son assiette.
C’est aussi lui laisser un peu de temps et de calme pour faire son travail.
Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un avis, un diagnostic ou un suivi médical.
Les conseils en naturopathie s’inscrivent dans une démarche complémentaire et ne se substituent pas à une prise en charge médicale.




